L'art roman

Le premier Art roman méridional s'est implanté au début du XIe siècle en Catalogne puis en Languedoc. Il a mis plus de temps à s'implanter en Lozère où il a du cohabiter avec d'autres influences venues notamment d'Auvergne. L'art roman vient de Lombardie. Il est principalement caractérisé par ses décors muraux en bandes, ses frises en dents d'engrenage puis, plus tard, par ses sculptures fantastiques. On en trouve une expression fort achevée tant dans les petites églises que dans les grandes abbayes catalanes que l'on trouve en quantité dans la région. On peut notamment admirer les abbayes "Serrabone" et "Saint Michel de Cuxa" qui se trouvent dans les Pyrénées-Orientales ainsi que L'abbaye de "St Gilles", dans le Gard.
La sculpture
Plus tard, au XIIème siècle, la sculpture se développe dans l'art roman. Elle met généralement en scène des hommes, des bêtes et une flore fantastiques. C'est aussi pendant cette période que l'évolution des techniques de voûtements permet aux édifices d'être tout entiers voûtés. A côté des églises sculptées, ont aussi été édifiées de grandes églises fortifiées qui servaient de refuges aux populations lors d'attaques ou de guerres. On peut notamment admirer celle de Maguelone, sur le littoral héraultais, qui protégeait la population, notamment des attaques sarrasines.
Au IIIe siècle, en Perse, Manès, un disciple de Zarathoustra, prêchait ceci: "Deux forces se partagent l'univers : le bien et le mal, l'ombre et la lumière. Il faut choisir son camp". Mais le roi de Perse condamna ce qu'il estimait être une hérésie. Il fit torturer Manès à mort et persécuta ses disciples. On retrouve ensuite les adeptes de cette doctrine en Anatolie sous le nom de "Pauliciens". Ils furent encore persécutés et expédiés vers les Balkans par les empereurs byzantins. C'est à partir de là que la doctrine cathare aurait pris naissance en Bulgarie, à la fin du Xe siècle, où on la nommait "secte des bogomiles". Elle s'étendit chez les moines de Constantinople, puis en Asie Mineure, en reprenant quelques thèmes manichéens, tel le dualisme de la création.
Des communautés cathares d'apôtres itinérants s'étendirent en Europe vers l'an Mil, sous différents noms selon les régions (manichéens, origénistes, piphles, publicains, tisserands, bougres, patarins, albigeois). On connut donc plusieurs catharismes, ayant un tronc commun et quelques divergences théologiques, en Allemagne, en Flandres, en Champagne, en Bourgogne, et surtout dans le Midi et l'Italie aux XIIe et XIIIe siècles.
La fin des cathares
Les cathares furent de prime abord persécutés et exterminés à Béziers, à Carcassonne, puis partout ailleurs. Malgré les révoltes des Languedociens qui refusèrent de se soumettre, le Languedoc s’allia bientôt tout entier à la religion officielle. Les cathares qui survécurent se réfugièrent vers les Corbières, sous la protection de seigneurs locaux qui s'armèrent pour les défendre. Ils tenaient leurs conciles à Montségur, Puylaurens et Peyrepertuse. En 1244, les croisées prirent Montségur. Ils y allumèrent un bûcher géant dans lequel plus de 300 cathares se jetèrent, préférant mourir brûlés que de renier leur foi. En 1255, les croisées s'emparèrent de la forteresse de Quéribus, dernier bastion cathare. C'était il y à plus de 750 ans, mais, en Languedoc-Roussillon, le souvenir des cathares reste bien vivant.
Les Albigeois
On parle donc parfois des Albigeois, du fait des deux centres d'implantation les plus durables que furent Albi et Toulouse. Le dernier cathare mourut en Italie au XIVe siècle. Le mouvement subsistera en Bosnie, dont c'était la religion officielle, jusqu'à la conquête turque à la fin du XVe siècle.
Pour Rome, les cathares étaient pires que les infidèles (juifs et musulmans) car, tout en étant chrétiens, ils interprétaient différemment certaines croyances et contestaient la doctrine des sept sacrements que les théologiens catholiques avait fixée dès le début du XIIe siècle.
A Rome, cette hérésie devint une bête noire et le pape Innocent III lança en 1209 contre les « albigeois », ou cathares, la première croisade à se dérouler sur le territoire de la chrétienté occidentale. La guerre dura vingt ans (1209-1229). La lutte armée se poursuivit dans le Midi et ailleurs dans l'occident chrétien tout au long du XIIIe siècle, relayée plus tard par l'institution de l'Inquisition, créée en 1231 pour traquer la « dépravation hérétique ».